MSF dénonce la lenteur de la lutte anticholéra

Par Bernard Bridel le 19.11.2010 à 23:59

Alors que le bilan des victimes de l’épidémie ne cesse de s’alourdir, l’ONG lance un cri d’alarme. Mais, à dix jours des élections en Haïti, la maladie est aussi récupérée politiquement

L’épidémie a déjà fait plus de 1000 morts.?KEYSTONE

L’épidémie a déjà fait plus de 1000 morts.?KEYSTONE
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«L’heure n’est plus aux réunions et aux discussions, mais à l’action.» Chef de la mission de Médecins sans frontières (MSF) en Haïti, Stefano Zannini a tapé du poing sur la table hier. Alors que le bilan des victimes de l’épidémie qui a éclaté mi-octobre s’élevait à 1186 morts et quelque 18?000 malades, MSF a donné l’alarme sur la «lenteur très préoccupante du déploiement des secours», appelant «tous les acteurs à renforcer leur action».

Dans un communiqué très sévère, Stefano Zannini assure qu’«un plus grand nombre d’acteurs est nécessaire pour traiter les malades et mettre en place les mesures de prévention nécessaires», citant la distribution d’eau potable et chlorée, de savon, l’installation de latrines, l’établissement de «sites d’élimination des déchets à proximité des zones urbaines» ou encore «l’enlèvement et l’inhumation des corps des personnes décédées».

Il faut aussi «rassurer la population effrayée par cette maladie totalement inconnue dans le pays, en l’informant des bénéfices de la présence de centres de traitement du choléra à proximité des communautés», détaille l’ONG, qui a monté une vingtaine de ces centres.

Cette dramatique mise en garde intervient au moment où le choléra fait l’objet d’une récupération politique grossière, à moins de dix jours des élections présidentielle et législatives du 28 novembre. «C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les violents incidents qui ont opposé, dans plusieurs villes, manifestants et casques bleus de l’ONU, explique une Suissesse contactée hier à Port-au-Prince. Le contingent népalais est accusé par ces manifestants d’avoir introduit le choléra dans l’île.»

Alors que la tension monte, à l’approche du scrutin, tous les coups semblent permis, explique encore notre interlocutrice: «Pour certains, les casques bleus sont assimilés au président sortant René Préval – qui est accusé de les avoir fait venir en Haïti – et à son poulain pour l’élection, Jude Célestin; pour d’autres, c’est Préval lui-même qui fomenterait les troubles pour faire augmenter la violence et justifier un renvoi du scrutin.»

Pour Charles Ridoré, sociologue haïtien vivant en Suisse, ses compatriotes sont surtout amers face à cette épidémie. «Ils ne comprennent pas qu’avec tous les moyens mis en place après le tremblement de terre du 12 janvier on n’ait pas pu éviter ce nouveau drame. Les Haïtiens ont l’impression d’avoir été oubliés», conclut-il.

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