Lyrique

Jonas Dahlberg aborde l’opéra avec «Macbeth»

Par Sylvie Bonier le 12.06.2012 à 00:00

Pour clore sa saison, le Grand Théâtre affiche l’opéra de Verdi revu par Christoph Loy, dans un espace conçu par le plasticien suédois

Quand on connaît le penchant naturel du metteur en scène Christof Loy pour les espaces fermés et les couleurs sombres, on se dit qu’il y a une logique certaine dans son choix de l’artiste suédois qui vient décorer Macbeth, programmé dès ce soir au Grand Théâtre.

Jonas Dahlberg est en effet un familier de l’utilisation de la vidéo, de l’exploration des variations de teintes entre noir et blanc et du travail sur la spatialité. Les recherches du plasticien se situent plutôt dans la catégorie de l’installation et de la création contemporaine. L’étonnement est donc sincère de découvrir une salle de château des plus traditionnelles lors de la rencontre, organisée sur le plateau. «La véritable nouveauté, pour moi qui baigne dans la modernité, réside justement dans l’approche d’un monde classique et historisant. J’ai vraiment eu envie de travailler à la old school, ce qui est très intéressant dans ce contexte», explique le décorateur.

Est-ce parce que vous découvrez l’univers de l’opéra, que cela vous intimide?

Non, pas sur le fond, mais sur la forme peut-être un peu. Je suis habitué à ce que les gens qui viennent à moi me connaissent, à travailler totalement seul et à concevoir et réaliser mes ouvrages sans intervention extérieure. A l’inverse, je découvre la lourdeur d’une scène lyrique et le travail en équipe qui impose d’incessantes discussions et adaptations.

C’est un handicap pour vous?

Au début j’étais un peu déstabilisé, mais j’ai découvert un savoir-faire extraordinaire et des gens incroyablement motivants. Le fait de pouvoir s’appuyer sur des professionnels de ce niveau, qui vont permettre à vos idées de se réaliser en fonction de contraintes totalement inconnues pour moi, c’est absolument passionnant!

Comment avez-vous procédé pour faire entrer le mythe de Macbeth dans votre propre représentation artistique?

A part le fait que c’est le décor le plus monumental que j’aie créé, il me semble que l’exploration de la non-couleur (gris, blancs, noirs…) s’imposait comme élément de plongée dans la noirceur et l’intimité psychique des personnages, à la façon d’un rêve dans le procédé cinématographique. Ma palette de références comporte clairement Hitchcock (Rebecca
), Dreyer (Vampyr) ou Welles (Citizen Kane). La lumière, très évocatrice d’irréalité et de changements de climats ainsi que l’espace immense où l’humain se perd et s’enferme à la fois, sont des données particulièrement intéressantes. L’important pour moi, est que le regardant puisse s’identifier à Macbeth, se projeter dans ses pensées. La seule ouverture du lieu d’action étant la salle, le spectateur n’a pas d’autre issue visuelle que la scène, et ne peut donc qu’entrer dans l’intimité, la fantasmagorie et la folie perverse des personnages en jeu.

Grand Théâtre les 13, 15, 18, 21 et 26 juin à 20 h, le 24 à 15 h.

Rens: 022 418 31 30.

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