LE récit

Le 4 novembre, je veillerai avec Obama

Par HENRI DELLA CASA le 01.11.2008 à 00:00

Américain de Genève,lavocat Charles Adams gravite depuis longtemps dans le cercle du candidat démocrate.Lui comme d'autrs ont permis à barack Obama d'engranger 600 millions de dollas durant la campagne.

Maitre Charles Adams
Image: Pascal Frautschi

Si le peuple américain élit mardi Barack Obama comme son futur président, «il est fort probable qu’il vienne à Genève durant sa première année de mandat». Charles Adams, avocat d’affaires installé depuis vingt-deux ans à Genève, est bien placé pour prédire cette visite. Le membre du très stratégique Comité de financement de campagne d’Obama évolue depuis février 2007, date de l’annonce de sa candidature à la Maison-Blanche, dans l’entourage du sénateur de l’Illinois. «J’avais évidemment suggéré qu’il passe par Genève lors de sa venue en Europe en juillet. Malheureusement, cela s’est avéré impossible pour des raisons logistiques.»

A défaut de pouvoir l’accueillir chez lui, comme il l’a fait avec George Clooney à l’occasion d’une soirée de récolte de fonds il y a deux mois, Charles Adams multiplie ces dernières semaines les allers-retours entre Genève et son pays d’origine. Denver, pour la Convention démocrate ou encore San Diego la semaine passée, pour une réunion du Comité de financement. Lundi, il prendra l’avion pour ce qui constitue certainement son voyage le plus important de cette campagne. «J’irai, comme tous les quatre ans, voter à Chevy Chase dans le Maryland, ma ville d’origine. Tout de suite après, je prends un avion pour Chicago, où une tente a été aménagée pour les proches de Barack Obama.»

Une relation de quatre ans
Un million de supporters sont attendus dans le fief électoral du prétendant démocrate. Avec l’espoir d’assister, peut-être, au premier discours d’élu de celui qui écrirait une page d’Histoire en décrochant la ­victoire. Cette page, Charles Adams, né il y a 61 ans aux Etats-Unis, a largement contribué à la rendre possible. Certainement parce qu’il fait partie des soutiens d’Obama depuis le tout début. «Notre première rencontre a eu lieu lors de la Convention en 2004, au lendemain de son discours tant remarqué que remarquable.» Les deux hommes ont un point en commun inattendu.

L’impair de Kerry
A l’époque de la guerre du Vietnam, le jeune Adams, fraîchement diplômé en droit, intègre les Peace Corps, une sorte de service civil à l’américaine, et est envoyé au Kenya. Il y apprend le swahili, qu’il utilisera trente ans plus tard pour saluer la figure montante du Parti démocrate de l’époque, lui-même d’origine kényane par son père. «Il m’a avoué qu’il ne maîtrisait pas la langue, mais il a compris ce que je lui disais», sourit l’avocat.

Genève au hit-parade
La même année, le démocrate John Kerry est battu par George W. Bush, qui accède à un second mandat. Charles Adams constate alors une erreur de la campagne de Kerry. «Parce qu’il craignait de paraître trop international aux yeux des Américains, John Kerry était réticent à accepter des fonds de l’étranger.» Barack Obama ne fera pas la même faute. Sur les conseils de Charles Adams, il ne met pas de côté les six à sept millions d’Américains vivant à l’étranger. D’autant que le Genevois d’adoption, associé au sein du cabinet d’avocats Hogan & Hartson, a entre temps fondé le Democratic Expatriate Leadership Council, dont la mission est de lier les Américains du monde entier, qui sont en mesure de subventionner le candidat démocrate. «Grâce à cette structure, nous dépassons de loin les trois-quarts des Etats américains en termes de soutiens financiers à Obama.»Genève se taille même la part du lion, puisqu’elle est avec Londres la ville étrangère la plus importante de cette campagne, selon le Parti démocrate.

Yes we can!
L’argent récolté, les fêtes organisées et le nombre de nouveaux électeurs en auront fait un endroit clé. Véritable relais entre les petites mains de Genève et la hiérarchie du parti aux Etats-Unis, celui qui dit appartenir «à l’aile libérale» du parti n’oublie jamais de rapporter ses expériences à ses concitoyens.A trois jours du scrutin, Charles Adams ne veut pas imaginer une surprise, lorsque les résultats commenceront à tomber vers 20 heures locales. Il y croit donc dur comme fer? Cet amoureux de la langue française se permet une incartade, de parfaite convenance: «Yes we can!»

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