L'INVITÉ

Circulation à Genève: sortons de l'impasse

Par ANTONIO HODGERS. Président des Verts. Conseiller national le 16.11.2007 à 00:00

La situation de la circulation à Genève devient intenable: les bouchons se multiplient, les pics de pollutions sont récurrents et, pour couronner le tout, on nous dit que cela va empirer ces prochaines années. Il faut se rendre à l'évidence: le modèle de mobilité pensé dans les années 60-70 nous a mené dans une impasse. Pour en sortir, commençons par casser certains mythes.


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La situation de la circulation à Genève devient intenable: les bouchons se multiplient, les pics de pollutions sont récurrents et, pour couronner le tout, on nous dit que cela va empirer ces prochaines années. Il faut se rendre à l'évidence: le modèle de mobilité pensé dans les années 60-70 nous a mené dans une impasse. Pour en sortir, commençons par casser certains mythes.

Tout d'abord, il faut abandonner l'idée que chaque ménage «a le droit» d'avoir une voiture personnelle garée en bas de chez lui. Comme celle que chaque employé «doit» bénéficier d'une place de stationnement sur le lieu de travail. Ou celle que les zones commerciales «doivent» offrir une place pour chaque client. Le droit à l'automobile ne figure pas dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. La voiture ne reste qu'un instrument de la liberté fondamentale de se déplacer, mais pas une fin en soi.

Ensuite, il faut dépasser le positionnement stérile de la défense du libre choix du mode de transport pour justifier le recours à la voiture. Car la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Ce constat est fait chaque jour par les centaines de milliers d'automobilistes qui se retrouvent bloqués, non pas par des écologistes, mais bien par d'autres automobilistes. Un bouchon n'est rien d'autre que la somme des libertés de choix du mode de transport. Et aujourd'hui, ce libre choix, matérialisé par un usage excessif de la voiture individuelle, restreint le droit essentiel au mouvement. Il conviendrait plutôt de penser quel est le meilleur moyen de transport pour chaque besoin de mobilité au lieu de clamer que tous les moyens sont bons pour toutes les envies de mobilité.

Au-delà des questions de principe, c'est bien la limite physique de notre réseau routier qui ne permet plus d'absorber autant de voitures. La mobilité urbaine devrait principalement se baser sur la marche, le vélo et les transports publics. On a tous parfois besoin d'une voiture, mais cet usage peut être satisfait par l'autopartage afin d'éviter d'occuper inutilement la voirie avec des véhicules sous-utilisés. Il faut par conséquent faire en sorte que, pour les citadins en tout cas, la possession d'une voiture personnelle soit l'exception et non plus la règle. Ceci implique un investissement massif dans les infrastructures adéquates.

Pour aboutir à un tel résultat, la limitation des places de stationnement est l'instrument le plus efficace. Les études montrent que si une personne bénéficie d'une place de parc à destination (même payante), il y a 2 à 3 fois plus de chance qu'elle prenne sa voiture. Dès lors, il est indispensable de baisser le nombre de parkings au centre-ville. En effet, Genève a un nombre moyen de voiture par ménage de 20% supérieur à celui des villes de densité comparable, comme Bâle ou Lucerne. En ville, considérant l'offre de transports publics et la proximité des services, il est parfaitement envisageable pour la plupart des ménages de vivre sans voiture personnelle.

Les hypothétiques progrès écologiques annoncés par les constructeurs automobiles ne doivent pas nous faire oublier que la voiture ne pose pas seulement un problème en tant qu'important facteur de pollution. Elle est aussi extrêmement vorace en espace public, ce qui, pour une Genève qui doit dans un même temps loger ses habitants et garder des espaces de respiration, devient une difficulté majeure.

Pour sortir de cette impasse, saurons-nous trouver la marche arrière et reprendre le bon chemin?

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